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Colombie: L’IE entreprend des actions pour mettre fin aux assassinats d’enseignants

L’Internationale de l’Education a pris l’initiative d’élaborer de nouvelles stratégies pour mettre un terme à la violence perpétrée à l’encontre des enseignants et des membres de notre fédération syndicale mondiale.

Travaillant en partenariat avec la Federación colombiana de Educadores (FECODE), l’IE a organisé une séance de formation à l’intention des syndicats de l’éducation régionaux à Bogota, les 7 et 8 avril 2010. Cette formation innovante comprenait notamment un séminaire sur « Les mécanismes internationaux de surveillance » qui a permis d’informer les participants sur la manière de faire appliquer les accords juridiquement contraignants – les traités relatifs aux droits humains et les conventions de l’OIT – afin d’exercer des pressions sur les gouvernements et d’obtenir un soutien accru de la part du public, tant au niveau national qu’international. L’IE réclame en effet que les droits humains et syndicaux des enseignants soient protégés partout où ils sont systématiquement bafoués. En ce qui concerne la Colombie, l’étude publiée en 2010 par l’UNESCO « L’Education prise pour cible » a révélé que les enseignants étaient victimes d’assassinats, d’enlèvements, de disparitions, de détentions illégales, de tortures, et de menaces. Entre 2006 et 2010, plus de 120 enseignants ont été assassinés, dont 10 depuis le mois de janvier 2010. La plûpart de ces attaques sont suspectées d’avoir été perpétrées par des groupes paramilitaires prenant pour cible les enseignants qui militent au niveau politique ou syndical. L’IE est fière d’avoir apporté son soutien à la FECODE dans cet exercice de développement des capacités, qui a permis aussi d’évaluer l’efficacité du programme actuel de protection des enseignants mis en place par le gouvernement colombien. Ce programme consiste notamment en la création de comités réunissant des représentants de la FECODE, de la Procuradoría – un groupe de défenseurs de la société civile – et des autorités éducatives locales. Ensemble, ils analysent chaque cas de violence signalé à l’encontre d’un enseignant afin de déterminer si ce dernier nécessite ou non le statut de personne protégée. Seulement lorsque ce statut est accordé, l’enseignant et sa famille ont le droit d’être transférés vers une autre région du pays, de s’expatrier ou de bénéficier d’une protection rapprochée. Selon le témoignage de plusieurs participants, la situation serait devenue critique pour les enseignants habitant dans les départements de Valle del Cauca, Antioquia, Cauca, Nariño, Amazonas, Córdoba et Caquetá – régions qui figurent parmi les plus touchées par les assassinats. Outre l’insécurité dominante, il a été démontré que 96% des assassinats ne font l’objet d’aucune enquête judiciaire ou n’aboutissent jamais à l’identification des responsables. Ce chiffre illustre parfaitement le climat d’impunité qui règne en Colombie et qui est responsable de la poursuite des graves violations des droits humains dans ce pays. Les participants à l’événement ont clairement reconnu qu’un engagement plus soutenu de la part du gouvernement colombien était indispensable pour bâtir une société démocratique, inclusive et garante de la protection des droits humains et syndicaux. Ils ont également appelé à la création d’un réseau national des droits humains en Colombie afin de rendre les échanges d’information et la mobilisation solidaire plus efficaces, et d’établir un dossier recensant le nombre réel d’actes de violence envers les enseignants.

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