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Au Botswana, les syndicats de l’éducation défendent le droit à une négociation collective efficace

En réponse à la répression amorcée par le gouvernement à l’encontre des droits des travailleurs/euses, le Botswana Sectors of Educators Trade Union et l’Internationale de l’Education ont engagé une lutte à l’échelle mondiale à l’occasion de la Conférence internationale du Travail, qui se tient à Genève, en Suisse.

« La loi sur les conflits au travail fait des enseignants et du personnel de soutien à l’éducation, à l’instar de pratiquement toute l’économie, un service essentiel, et leur interdit donc d’entreprendre des actions de grève », a déploré Tobakani Rari, Secrétaire général du Botswana Secondary Teachers Union (BOSETU), à propos de la politique désastreuse du gouvernement.« Cette situation met à mal le pouvoir de négociation des enseignantes et enseignants et du personnel de soutien, qui encourent ainsi le risque de voir leurs conditions de travail se détériorer, ce qui affectera indéniablement leur moral. »

Le 14 juin dernier, à l’occasion de la Commission de l’application des normes de la Conférence de l’Organisaiton Internationale du Travail (OIT), qui se penchait sur l’éventuelle violation de la Convention 87 par le gouvernement botswanais, le Secrétaire général a prononcé un discours prégnant au nom de l’Internationale de l’Education (IE). Le BOSETU est un affilié de l’IE.

Il a ensuite poursuivi en rappelant que le Comité de la liberté syndicale de l’OIT avait estimé à plusieurs reprises que les enseignant(e)s n’étaient pas concerné(e)s par la définition du service essentiel, citant au passage la jurisprudence de l’Etude d’ensemble de 2012 de l’OIT sur les conventions fondamentales.

En outre, il a condamné l’inaction du gouvernement et l’absence de consultations dignes de ce nom quant aux propositions d’amendement à la loi sur les services publics, malgré les promesses faites par le ministre du Travail et les autres membres du gouvernement, et à une récente mission technique de l’OIT.

La Commission de la Conférence a conclu en appelant le gouvernement à s’assurer que la loi sur les conflits au travail est pleinement conforme à la Convention 87 et à établir un plan d’action temporel en concertation avec les partenaires sociaux afin de mettre en œuvre ses recommandations. La Commission a également demandé au gouvernement d’adresser un rapport de suivi au Comité d’experts avant le mois de novembre 2017.

« Le gouvernement botswanais devrait avoir honte d’avoir mis à ce point notre pays sur la sellette lors de la 106e Conférence de l’OIT », a ajouté Tobkani Rari. « C’est une grande victoire pour les travailleuses et travailleurs, la démocratie et l’Etat de droit au Botswana », a-t-il conclu.

Forte du soutien de l’OIT et de l’ACTRAV, l'IE œuvre actuellement avec ses cinq affiliés au Botswana à la réalisation d’un projet de plaidoyer et de plan d’action visant à promouvoir la mise en œuvre des conventions fondamentales de l’OIT dans ce pays.