Yémen: 70e pays à adhérer la Déclaration sur la sécurité dans les écoles

L’Internationale de l’Education salue la décision du Yémen d’appuyer la Déclaration sur la sécurité dans les écoles et de s’engager ainsi en faveur de la protection des étudiant(e)s, des enseignant(e)s, des écoles et universités en période de conflit violent.

Le Yémen est la toute dernière nation à soutenir l’engagement politique international que constitue la Déclaration sur la sécurité dans les écoles. La recommandation en avait été faite le 27 octobre dernier par la Coalition mondiale pour la protection de l'éducation contre les attaques (GCPEA), une coalition inter-agences formée en 2010 pour traiter la question des attaques ciblées contre l’éducation en temps de conflits armés. Depuis le début des combats au Yémen en 2011, des milliers d’écoles ont été endommagées ou détruites par les parties impliquées dans le conflit.

Soutien international

L’adhésion du Yémen, signé par le Représentant permanent à la mission du Yémen auprès des Nations Unies (ONU) à New York, aux Etats-Unis, a été placée en tête de liste du débat du Conseil de sécurité sur le sort des enfants et les conflits armés, qui réunira les pays afin d’examiner les violations graves commises à l’encontre des enfants en temps de conflit armé, y compris les attaques sur les écoles. Dans les annexes de son rapport 2017 au Conseil de sécurité qui sera présenté lors de ce débat, le Secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a identifié les Houthis/Ansar Allah et la Coalition pour restaurer la légitimité au Yémen dirigée par l’Arabie saoudite, comme parties responsables dans les attaques perpétrées sur des écoles au Yémen.

Des parties en Afghanistan, en République Centrafricaine, en République démocratique du Congo, en Iraq, en République arabe syrienne et au Nigéria ont également été pointées dans les annexes du rapport annuel du Secrétaire général, pour leurs attaques contre des écoles et des hôpitaux. La Déclaration sur la sécurité dans les écoles, un engagement politique porté par l’Argentine et la Norvège, vise à améliorer la sureté et la sécurité des étudiant(e)s, des enseignant(e)s, des écoles et universités en cas de conflit armé. Elle procure un cadre en faveur d’une coopération nationale, régionale et mondiale, en identifiant un certain nombre de mesures que les gouvernements et autres acteurs peuvent mettre en œuvre en vue de prévenir ou de répondre aux attaques menées sur des établissements scolaires et des personnels d’éducation.

Toile de fond

Les gouvernements qui soutiennent la Déclaration, s’engagent à utiliser les Lignes directrices pour la protection des écoles et des universités contre l’utilisation militaire durant les conflits armés, comme outil pratique destinéà guider leur conduite durant les opérations militaires. Se détourner de l’utilisationdes écoles constitue un facteur décisif pour permettre aux forces armées et aux groupes de combattants de minimiser l’impact des conflits armés sur les enfants et les jeunes, notamment au regard des risques de décès, de blessures graves, de recrutement d’enfants, d’exploitation sexuelle et d’abus et de traumatisme psychologique. Les femmes et les jeunes filles sont souvent impactées de manière disproportionnée par les attaques contre l’éducation et l’utilisation militaire des écoles.

En mai dernier, le Secrétaire général de l'ONU Guterres a exhorté les Etats membres de l'ONU à rejoindre la vaste communauté de nations ayant approuvé la Déclaration sur la sécurité dans les écoles. La Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, Virginia Gamba, s’est faite l’écho de cet appel. Elle a souligné que le soutien accru en faveur de la Déclaration reflétait un consensus grandissant à l’échelle mondiale sur l’importance de prévenir l’utilisation des écoles à des fins militaires en vue d’éviter de compromettre l’éducation.