Australie: la dégradation des conditions de travail, nouvelle source de stress pour les enseignant(e)s

Les éducateurs/trices australien(ne)s ont protesté contre la détérioration des conditions de travail dans le secteur de l’enseignement technique et post-secondaire à Victoria, qui constitue une menace directe à l’éducation de qualité.

Le 12 décembre, les enseignant(e)s du secteur de l’enseignement technique et post-secondaire (TAFE) et ceux/celles qui les soutiennent se sont rassemblé(e)s devant le bureau de Gayle Tierney, députée de la Victoria-Occidentale, afin de protester contre la tentative du gouvernement de sabrer les conditions de travail des enseignant(e)s du TAFE. Tierney occupe également le poste de ministre de la Formation et des Compétences ainsi que celui de ministre des Services correctionnels dans le gouvernement de Daniel Andrews.

Ce rassemblement soutient la campagne publicitaire lancée à Geelong, deuxième plus grande ville de l’Etat de Victoria, par l’Australian Education Union (AEU) via la presse et des panneaux publicitaires.

« Les enseignants du TAFE sont le pilier de notre système d’éducation et de formation », a déclaré Meredith Peace, Présidente de l’AEU Victoria. « Il leur tient à cœur de s’assurer que leurs éltudiants bénéficient non seulement de la meilleure formation possible, mais aussi des meilleures perspectives d’emploi ». Le gouvernement Andrews souhaite augmenter de près de 20 pour cent les heures d’enseignement pour les enseignant(e)s du TAFE.

Surcharge de travail

« Les enseignants du TAFE sont déjà surchargés et effectuent en moyenne 6,8 heures supplémentaires par semaine », a souligné Peace. D’après les résultats d’une enquête menée par l’AEU Victoria auprès des enseignant(e)s du TAFE en 2017, intitulée State of our TAFEs (Statut des enseignant(e)s du TAFE), neuf enseignant(e)s sur dix auraient constaté une augmentation de leur charge de travail administratif ces 12 derniers mois.

« 75 pour cent des enseignants du TAFE ont déjà songé à quitter leur emploi » en raison de conditions de travail stressantes, provoquées par « la quantité ingérable de travail administratif et de gestion », a-t-elle ajouté.

« A bout de course », les enseignant(e)s du TAFE effectuent déjà un nombre considérable d’heures supplémentaires et disposent par conséquent de moins de temps pour préparer leurs cours et fournir à leurs étudiant(e)s une éducation et une formation de haute qualité. « Si les enseignants souffrent, les étudiants en paient le prix », a fait remarquer Peace.

Les jeunes paient le prix fort

Selon Peace, la situation des jeunes ne risque pas de s’améliorer à Geelong, ville qui connaît actuellement un taux de chômage de 10 pour cent, si le gouvernement Andrews ne cesse de créer des difficultés supplémentaires pour les enseignant(e)s du TAFE, les empêchant d’offrir aux étudiant(e)s la formation, l’aide et les compétences nécessaires pour trouver un emploi.

Rappelant que Daniel Andrews a été élu précisément grâce à sa promesse de préserver le secteur du TAFE, elle a souligné « qu’abandonner les enseignants du TAFE et s’attendre à ce qu’ils acceptent un accord qui sabre leurs conditions de travail ne préserve pas le secteur et nuit en outre aux intérêts des étudiants et de la communauté ».

L’enquête réalisée par l’AEU Victoria auprès des enseignant(e)s du TAFE en 2017 (State of our TAFEs), publiée le 1er décembre 2017, est disponible ici.

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