L’Internationale de l'Education tente de renforcer le dialogue dans le secteur de l'éducation en Afrique

En avril dernier, l’Internationale de l'Education a initié un processus visant à renforcer les capacités des syndicats en matière d’analyse et d’élaboration de politiques, et à engager un dialogue social au Burkina Faso, au Ghana, au Malawi et en Ouganda.

L'initiative vise à améliorer les politiques relatives aux enseignant(e)s, en particulier celles qui sont liées au recrutement, à la formation et au développement professionnel des enseignant(e)s, ainsi qu’à l’attrait de la profession. Elle s'inscrit ainsi dans le droit fil des engagements de l’Agenda pour l’éducation 2030 en vue d’accroître le nombre d’enseignant(e)s qualifié(e)s grâce à la coopération internationale.

L'initiative se fonde sur la conviction qu’un processus de planification optimisé et ancré dans un dialogue politique inclusif est fondamental pour améliorer la qualité de l’éducation. L’Internationale de l'Education (IE), en sa qualité de principal partenaire pour les questions relatives aux enseignant(e)s et le dialogue social, a initié un processus participatif afin d’inciter les organisations membres à revoir les plans existants en matière d'éducation, en vue d’identifier des exemples de politiques qui pourraient être renforcées ou qui nécessitent des ajustements, ainsi que des domaines qui ont été négligés et qui pourraient faire l'objet de propositions de politiques élaborées par les travailleurs/euses du secteur de l'éducation.

L’atelier organisé à Accra (Ghana), a réuni des représentant(e)s de la Ghana National Association of Teachers (GNAT), de la National Association of Graduate Teachers (NAGRAT) et de la Teachers and Educational Workers' Union (TEWU), qui ont partagé leurs inquiétudes quant aux progrès limités accomplis dans la mise en œuvre du plan stratégique pour l'éducation 2010-2020, en particulier en ce qui concerne l’accès à l’éducation de base.

Selon les syndicats ghanéens du secteur de l'éducation, la gratuité de l’accès à une éducation de qualité reste un problème complexe et les écoles payantes remplissent le vide laissé par les écoles publiques dans les régions les plus pauvres. Elaboré avec le soutien financier du Partenariat mondial pour l’éducation, un nouveau plan sectoriel est en cours d'élaboration pour la période 2018-2030, et les syndicats s’inquiètent de ne pas avoir été impliqués de manière significative dans son élaboration. C’est pourquoi ils ont convenu de prendre ensemble des mesures décisives afin d’assurer que le nouveau plan réponde bien aux besoins des élèves ghanéen(ne)s.

Selon Jennifer Ulrick, consultante de l’IE soutenant le projet, « c'était encourageant de voir un tel engagement de la part de tous les syndicats en vue de collaborer pour un meilleur dialogue politique et social au Ghana ». Au Burkina Faso, l'atelier a réuni non seulement quatre organisations membres de l'IE, la Fédération des Syndicats de l’Enseignement du Burkina (FESEB), la Fédération des Syndicats Nationaux des Travailleurs de l'Education et de la Recherche (F-SYNTER), le Syndicat National des Enseignants Africains du Burkina (SNEAB) et le Syndicat National des Enseignants du Secondaire et du Supérieur (SNESS), mais aussi onze autres syndicats du secteur de l'éducation, renforçant ainsi la collaboration et l'unité du secteur.

Bien que les participant(e)s aient reconnu les efforts accomplis pour accroître l’offre d’enseignant(e)s qualifié(e)s dans les villes principales, l’équité reste un problème complexe puisque l’accès à une éducation de qualité dans le pays est limité et le manque d'infrastructures adaptées reste prépondérant. L’absence de matériel pédagogique et l’offre insuffisante de soutien pédagogique sont les principaux défis que les syndicats du Burkina Faso ont décidé de relever ensemble au cours des prochains mois.

Selon Jefferson Pessi, le coordinateur de l’IE responsable de l'initiative, « nous continuerons à œuvrer pour notre objectif commun, à savoir l’instauration d’un dialogue politique et social institutionnalisé qui est mené par les travailleurs et travailleuses du secteur de l'éducation et qui produit des politiques répondant aux besoins nationaux plutôt qu’à un programme imposé par des pays étrangers. Le renforcement des capacités pour le dialogue politique et social est une priorité pour l’IE ». L'initiative continuera à apporter son soutien aux syndicats du Ghana et du Burkina Faso à mesure qu’ils mettent en œuvre les actions prévues, et l’IE organisera des ateliers similaires au Malawi et en Ouganda. 

Ce projet entre dans le cadre de la contribution de l’IE à la nouvelle initiative lancée par les gouvernements des pays susmentionnés, ainsi que le Royaume de Norvège, l’UNESCO, l’Organisation internationale du Travail, l’UNICEF, le Haut Commissariat aux réfugiés, la Banque mondiale et le Partenariat mondial pour l’éducation.

L'initiative a été bien reçue et perçue comme opportune par les syndicats participants, qui ont exprimé leur engagement à assurer que les travailleurs/euses jouent un rôle prépondérant dans l’élaboration des politiques. L’IE continuera à impliquer les travailleurs/euses du secteur de l'éducation dans l’analyse et l’élaboration de politiques au cours des douze prochains mois.

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