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Les syndicats mondiaux dénoncent l'irresponsabilité face au pacte mondial sur la migration

Le mouvement syndical mondial a critiqué les 13 gouvernements ayant confirmé qu'ils ne signeraient pas le Pacte mondial historique pour des migrations sûres, ordonnées et régulières. Au lieu de contribuer à résoudre les problèmes urgents liés à la migration et de progresser vers la cohérence et la gouvernance mondiale de la migration, ils ont préféré utiliser le Pacte comme une occasion de recourir aux sentiments nationalistes, extrémistes et anti-migrant(e)s.

Dans une déclaration, le Conseil des Global Unions (CGU)[1], qui regroupe les syndicats mondiaux représentant les syndicats et les centres nationaux sectoriels et professionnels, soutient que la migration est, par sa nature même, un phénomène transfrontalier qui exige la coopération transfrontalière.

Le CGU souligne que « La migration n'est pas une crise. C'est sa gouvernance qui prend la forme d’une crise. » Il fait également valoir qu'un bon moyen de réduire la pression migratoire est d'aborder les raisons qui forcent les gens à quitter leur patrie. Il s'agit notamment de l'extrême pauvreté, des guerres et autres conflits violents, mais aussi de l'impact du réchauffement mondial. Les migrations et ses causes nécessitent une action mondiale coordonnée.

S'exprimant à la conférence intergouvernementale qui a adopté le Pacte mondial sur la migration, Dennis Sinyolo, Coordinateur principal à l’Internationale de l'Education (IE), a déclaré: « Aujourd'hui plus que jamais, la communauté internationale doit s'unir pour faire face au fléau de la xénophobie et du racisme et faire de nos sociétés, lieux de travail, écoles, institutions et services des lieux réellement inclusifs et accueillants pour les migrants et les réfugiés. Après tout, il n’existe d’autre race que la race humaine, pas de pays qui soit le vôtre ou le nôtre, mais une seule planète que nous partageons. »  

Les pays qui ont confirmé leur refus de signer le pacte sont les suivants: L'Autriche, l'Australie, la Bulgarie, le Chili, la Croatie, la République tchèque, l’Estonie, la Hongrie, Israël, la Pologne, la Slovaquie, et les Etats-Unis. Dans de nombreux pays où les dirigeant(e)s ont pris le « risque » d'être responsables, ils/elles subissent les attaques de l'extrême droite et des nationalistes populistes qui se basent sur les fausses informations et la désinformation.

Le 10 décembre, dans son allocution d'ouverture de la réunion de Marrakech, au Maroc, destinée à ratifier le Pacte et à l’envoyer à l'Assemblée générale des Nations Unies, le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a dénoncé la distorsion du contenu et des objectifs du Pacte. Il a parlé de plusieurs mythes, notamment de l'idée que le Pacte, qui n'est pas un Traité, porterait atteinte à la souveraineté nationale.

Guterres a expliqué que « le pacte réaffirme seulement que les migrants doivent pouvoir jouir des droits humains, indépendamment de leur statut ». Il a ajouté qu’« il serait ironique qu’en ce jour où nous commémorons le 70eanniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'Homme, nous considérions que les migrants doivent être exclus de son champ d'application. »

Après avoir fait valoir que le Pacte constitue un cadre important pour la poursuite de la coopération internationale sur la migration, le Secrétaire général de l’ONU a conclu: « Travaillons ensemble pour un monde plus sûr, moins craintif et plus prospère pour nos propres sociétés et pour les migrants du monde. C’est-à-dire pour nous tous et toutes. »

Se référant à la déclaration de l'UGC, le Secrétaire général de l'Internationale de l'Education David Edwards a déclaré: « nous nous rassemblons pour demander aux organisations membres de prier instamment les gouvernements qui ont rejeté l'accord à reconsidérer leur position, à soutenir le Pacte et à participer à son suivi. »

Edwards a également souligné qu’en tant que « syndicalistes de l'éducation, nous devons défendre la décision des gouvernements qui ont signé le Pacte contre les campagnes mensongères et les distorsions conçues pour engendrer la peur et l'hostilité envers les migrants à des fins politiques à court terme. Générer la haine envers les migrants est le point d’orgue de l'assaut de l’autoritarisme sur nos démocraties ».



[1]Le Conseil des Global Unions se compose de l'Internationale des Travailleurs du bâtiment et du bois (IBB), de l’Internationale de l'Education (IE), du syndicat mondial IndustriALL, de la Fédération Internationale des Journalistes (FIJ), de l'Alliance Internationale des Arts et du spectacle (AIEA), de la Confédération syndicale internationale (CSI), de la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF), de l’Union internationale des travailleurs de l'alimentation, de l'Agriculture, de l'hôtellerie-restauration, du tabac et des branches connexes (UITA), de l’Internationale des services publics (ISP), de la Commission Syndicale Consultative auprès de l'OCDE (TUAC) et du syndicat mondial UNI. Ensemble, ils représentent plus de 300 millions de travailleurs/euses.