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Palestine: grâce à la coopération au développement, les capacités du syndicat des éducateurs·rice·s de la petite enfance augmentent et les conditions de travail s’améliorent

Le syndicat général des employé·e·s des établissements préscolaires et privés renforce ses capacités d’organisation et de représentation des travailleurs·euse·s du secteur de la petite enfance à travers la coopération au développement avec d’autres syndicats de l’enseignement.

Depuis plusieurs années, des séances de formation sont organisées au profit du General Union of Workers in Kindergarten and Private Schools (GUWKPS), un jeune syndicat de l’enseignement en pleine croissance en Palestine (formé en 2008) qui a rejoint l’Internationale de l’Education (IE) en 2015.

La formation est en cours et inclut des contributions de l’American Federation of Teachers (AFT)/Etats-Unis, de la Danish National Federation of Early Childhood and Youth Educators (BUPL)/Danemark et du Gewerkschaft Erziehung und Wissenschaft/Allemagne. L’IE assure la coordination du projet.

Trente éducatrices du secteur de la petite enfance (EPE), membres et non-membres du GUWKPS issues de toutes les régions de Palestine, se sont réunies pour un atelier de formation organisé du 25 au 27 avril à Ramallah.

Le secteur de l’EPE n’est pas encore officiellement reconnu en Palestine. Il n’existe aucun cursus universitaire préparant les enseignant·e·s à cette voie et aucun programme scolaire n’a été mis en place au niveau ministériel. En général, le travail dans ce secteur est de nature précaire et les conditions de travail sont médiocres. Les femmes représentent la majeure partie du corps enseignant en milieu préscolaire.

L’atelier visait à définir des normes pour les enseignant·e·s de l’EPE, les aider à bénéficier de meilleures conditions de travail, obtenir la reconnaissance de leur importance à l’échelle nationale, assurer la mise en place d’un programme scolaire et organiser ce secteur d’enseignement sur le plan professionnel.

Les participantes ont passé en revue les thèmes suivants:

-              L’importance des cadres et instruments nationaux et mondiaux, y compris les Directives de l’Organisation internationale du Travail (OIT) sur la promotion du travail décent pour le personnel de l’EPE, et comment les mettre en œuvre au niveau national ;

-              Les expériences et bonnes pratiques en matière d’organisation ;

-              Les grandes questions et les défis actuels liés à l’objectif d’une éducation inclusive et de qualité dans le secteur de la petite enfance, et comment les aborder; et

-              Les actions que peuvent réaliser les membres à travers leur syndicat, et les défis actuels.

Les discussions ont mis en relief l’importance de l’action collective et le rôle social et politique du syndicat.

De plus, les participantes ont insisté sur le fait qu’il était impossible de venir à bout des obstacles entravant la réalisation d’une EPE de qualité, y compris des conditions de travail décentes au profit du personnel de ce secteur, sans la mobilisation et l’action collective des enseignant·e·s de la petite enfance en vue de constituer un syndicat puissant.

« Comme l’ont mis en lumière les participantes, l’effort d’organisation collective mené aux côtés de leurs collègues, et par l’intermédiaire de leur syndicat, constitue le moyen le plus efficace d’insuffler un véritable changement et d’aller de l’avant, et les syndicats de l’enseignement ouvrent véritablement la voie en vue d’une telle action », a souligné Mais Jamleh, Secrétaire générale du GUWKPS. « Ils ont également découvert de façon plus approfondie ce que le syndicat pouvait faire. »

Demain: quelles actions mener et quels domaines privilégier?

Pour ce qui est de la marche à suivre, et à l’appui des discussions menées et des défis mentionnés par les participantes, les domaines qui seront abordés en priorité au cours des prochaines phases sont les suivants:

  • Organisation, renforcement des capacités syndicales: via les programmes aidant les membres du GUWKPS à élaborer des stratégies de renforcement syndical;
  • Droits du travail et droits syndicaux: bien qu’étant placés sous l’égide du ministère de l’Education, une très grande majorité des établissements d’EPE sont privés, à savoir que 3 % à peine, soit 1.854 établissements, relèvent du secteur public, laissant ainsi à leurs propriétaires carte blanche pour perpétuer des conditions de travail abusives. Par conséquent, le GUWKPS peut jouer un rôle important en mettant en place une politique de sécurité sociale, une réforme des pensions pour le secteur privé et un salaire minimum. Les Directives de l’OIT pourront leur être utiles à cet égard;
  • Elévation des normes relatives aux enseignant·e·s de l’EPE dans le cadre de l’action de plaidoyer syndical et constitution d’alliances avec les universités locales pour élever le niveau de qualification des enseignant·e·s en mettant l’accent sur les diplômes universitaires dans le secteur de l’EPE;
  • Plaidoyer et constitution d’alliances: sensibiliser quant à l’importance et la condition du personnel enseignant de l’EPE, en particulier auprès des parents et de la société civile; et
  • Perfectionnement professionnel des enseignant·e·s de l’EPE, dans le cadre de la stratégie de renforcement du syndicat.

Toutes les priorités de travail incluront un volet sur l’égalité entre les genres.