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Bolivie: les dirigeant·e·s syndicaux·ales de l’éducation à travers le monde, condamnent fermement le coup d’État

Le Bureau exécutif de l’Internationale de l’Éducation a réprouvé la situation en Bolivie, affirmant qu’il « condamne fermement et unanimement au nom de ses 32 millions de membres, le coup d'État du 11 novembre dernier ».

À l’occasion de la réunion du 55e Bureau exécutif de l’Internationale de l’Éducation (IE) qui s’est tenu à Bruxelles, en Belgique, du 18 au 21 novembre, les dirigeant·e·s du mouvement syndical de l’éducation ont clairement réaffirmé que leur fédération syndicale mondiale « promeut, défend et lutte pour la démocratie », tel que stipulé dans la Résolution « L’éducation publique et les syndicats libres sont les piliers de la démocratie », qui fut unanimement adoptée lors du 8e Congrès mondial, à Bangkok, en Thaïlande, en juillet 2019.  
 
Le Bureau exécutif a ajouté que « toute déstabilisation de la volonté du peuple, comme cela est le cas avec l’État plurinational de Bolivie, constitue une attaque à la vie, au développement et à la liberté des peuples et des nations. Cela est d’autant plus vrai, quand de tels évènements sont initiés par des mouvements dont les propos xénophobes et racistes perturbent non seulement l’ordre démocratique, mais entravent tout respect des processus constitutionnels établis de manière légitime. »
 
En outre, il souligne et déplore profondément le fait que les actes autoritaires et totalitaires sont de plus en plus encouragés et soutenus à travers le monde, qu’ils sont ouvertement cautionnés par des gouvernements et des instances internationales ou qu’ils bénéficient du silence complice et douteux de gouvernements qui ont fait le choix d’ignorer la volonté du peuple.
 
En conséquence, le Bureau exécutif de l’IE appelle ses organisations membres à réagir et à afficher leur solidarité envers la liberté des peuples, à exhorter leurs propres gouvernements, élus de manière légitime, à s’exprimer en faveur du libre exercice de la démocratie, ainsi qu’à planifier et soutenir des initiatives pour la défense de la démocratie, de la souveraineté et de l’indépendance.
 
Tollé régional face à cette attaque contre la démocratie 
 
Le Comité régional de l’Internationale de l’Éducation Amérique latine avait déjà dénoncé et condamné le coup en Bolivie, qui a contraint le Président constitutionnel, Evo Morales Ayma, et son Vice-président, Álvaro García Linera, à démissionner.
 
Les syndicalistes de l’éducation en Amérique latine ont déclaré: «  Nous rejetons les actes de violence et d’expression raciste, fondamentaliste et misogyne, qui ont récemment eu lieu en Bolivie et nous plaidons pour le respect de l’intégrité physique d’Evo Morales, de ses supporters, des peuples autochtones et des dirigeant·e·s des mouvements sociaux. »
 
Ils ont vivement dénoncé les actions menées par les forces de police et l’armée, « complices des courants fondamentalistes, racistes et d’extrême-droite du coup ». Ils ont insisté sur le fait que la démission forcée du président légitime de Bolivie, Evo Morales, est imputable aux responsables de l’application des lois dans le pays. Ils ont appelé à une restauration rapide de l’ordre constitutionnel ainsi qu’à une cessation de la violence, et ont rejeté toute forme d’ingérence étrangère d’ordre politique ou économique, en Bolivie.  
 
Les syndicats de l’enseignement supérieur de la région Amérique Latine de l’IE, se sont également exprimés sur le coup et sur « le déferlement d’accusations criminelles de la part des secteurs qui ont ébranlé l’ordre constitutionnel en Bolivie ».
 
Ils ont exprimé leur solidarité avec le peuple bolivien, avec le Président Evo Morales Ayma, ainsi qu’envers les dirigeant·e·s et membres actif·ive·s du mouvement de la société civile, « victimes d’agressions brutales perpétrées par des gangs armés au service d’une oligarchie raciste, qui prend sa revanche face à ceux qui ont osé se dresser contre leurs privilèges historiques afin de bâtir un état démocratique. »
 
Pour eux, l’attaque contre la démocratie bolivienne constitue une agression envers l’ensemble des peuples d’Amérique latine, et cela « fait partie de l’offensive réactionnaire menée contre les gouvernements démocratiques populaires qui ont tenté, de maintes façons au cours du siècle, d’avancer vers l’égalité et la justice sociale ».
 
En Argentine, la Confederación de Trabajadores de la Educación de la República Argentina et la Federación Nacional de Docentes Universitarios, toutes deux affiliées à l’IE, ont manifesté leur solidarité envers le peuple bolivien et leur soutien pour la démocratie, à l’occasion d’une marche organisée le 11 novembre dernier, pour se rendre au siège de la diplomatie bolivienne à Buenos Aires. 
 
« Nous sommes face à un nouveau coup d’État, perpétré dans ce cas, à travers des actes de violence commis par des groupes fascistes armés qui s’insurgent contre les avancées considérables réalisées sous les gouvernements d’Evo Morales », a souligné Hugo Yasky, président du Comité régional de l’Internationale de l’Éducation Amérique latine.
 
Il estime que ce n’est « nullement un accident », si le coup s’est produit quelques jours seulement avant l’arrivée au pouvoir du Président Fernández, nouvellement élu en Argentine, au moment même, où le peuple chilien se soulève et continue de protester contre l’augmentation du coût de la vie, la privatisation et l’inégalité qui prévalent dans le pays; et en même temps que la libération de prison de Luiz Inácio Lula da Silva, au Brésil.