Premiers enseignants

Enseignant(e)s et chercheurs/euses en début de carrière

Introduction

Qui sont-ils/elles ?

Les enseignant(e)s en début de carrière sont désignés de différentes façons en fonction des pays. Dans certains pays, ils/elles sont appelé(e)s « enseignant(e)s récemment qualifié(e)s » ou « nouveaux/elles enseignant(e)s », tandis qu’en Europe, ils/elles sont généralement appelé(e)s « jeunes enseignant(e)s ». Ces multiples appellations permettent de distinguer les différentes façons dont les acteurs du secteur de l’éducation envisagent les besoins du groupe : soit ils/elles viennent d’être diplômé(e)s, soit ils/elles peuvent se prévaloir d’une expérience professionnelle préalable dans le domaine de l’enseignement.

Pour désigner ce groupe d’enseignant(e)s, l’Internationale de l’Education a fait le choix d’opter pour l’expression « enseignant(e)s en début de carrière ». Les enseignant(e)s en début de carrière sont des enseignant(e)s récemment qualifié(e)s ou certifié(e)s qui sont allé(e)s au bout de la formation initiale requise et sont dans leurs premières années d’exercice. Cette expression entend concilier l’ensemble des approches et des situations nationales. S’il est vrai que de nombreux/euses enseignant(e)s en début de carrière sont encore jeunes, il en existe également qui intègrent la profession enseignante sur le tard et qui se heurtent aux mêmes défis que leurs collègues plus jeunes.

Quels sont leurs besoins ?

En 2011, les données publiées par l’Institut de statistique de l’UNESCO à l’occasion de la Journée mondiale des enseignant(e)s révélaient qu’il était nécessaire de créer chaque année deux millions de nouveaux postes dans l’éducation afin de réaliser l’objectif d’une éducation primaire universelle d’ici 2015, lequel n’a pas encore été concrétisé. Si l’on prend en compte un taux d’attrition de 5 % par an, ce sont 5,4 millions d’enseignant(e)s primaires qui sont désormais nécessaires chaque année. Pourtant, les enseignant(e)s en début de carrière continuent de quitter la profession au bout de quelques années seulement. Aux Etats-Unis, sur les 150.000 nouveaux/elles enseignant(e)s qui sont formé(e)s chaque année, la moitié d’entre eux/elles quittent la profession au cours de leurs cinq premières années d’enseignement. Ce taux de rotation est si élevé qu’il n’y aura plus suffisamment d’enseignant(e)s qualifié(e)s et expérimenté(e)s pour remplacer tou(te)s ceux/celles qui partent à la retraite. En conséquence, la taille des classes augmentera et la qualité de l’éducation en pâtira. La qualité de l’éducation ne cessera de se détériorer tant que les écoles feront appel à des enseignant(e)s non qualifié(e)s pour pallier la pénurie au lieu de s’attaquer à l’origine du problème.

A l’échelle mondiale, le besoin de nouveaux/elles enseignant(e)s correctement formé(e)s est énorme. Selon le document « Education 2030 : Déclaration d’Incheon et Cadre d’action pour la mise en œuvre de l’Objectif de développement durable 4 », les besoins sont considérables, tant au regard de la quantité que de la qualité. Comme le stipule la Déclaration :

« D’ici à 2030, 3,2 millions d’enseignants supplémentaires seront requis pour que l’éducation primaire universelle devienne une réalité, et 5,1 millions d’autres pour parvenir au même résultat dans le premier cycle du secondaire. De plus, les enseignants qui quitteront la profession entre 2015 et 2030 devront être remplacés. Or, dans un tiers des pays ayant répondu au questionnaire de l’UNESCO, moins de 75 % des enseignants du primaire sont formés dans le respect des normes nationales en vigueur. Les décisions prises antérieurement en fonction de normes moins exigeantes, du fait de la pénurie d’enseignants, ont eu pour conséquence la multiplication du nombre des enseignants non professionnels, mal préparés au travail devant une salle de classe. »

Si les causes de ce taux de rotation parmi les enseignant(e)s en début de carrière varient d’un pays à l’autre, en voici quelques-unes que nous avons identifiées :

Le manque d’attrait de la profession : La condition de la profession enseignante (pour de plus amples informations sur la condition des enseignant(e)s, voir la Recommandation OIT/UNESCO concernant la condition du personnel enseignant) doit être améliorée afin d’attirer les enseignant(e)s les plus compétent(e)s et les plus brillant(e)s. Pour ce faire, il est nécessaire d’offrir une rémunération adéquate ainsi que des perspectives de carrière, à la fois horizontales et verticales, au sein du système scolaire. L’environnement de travail doit être sûr et sain, et garantir aux enseignant(e)s les ressources appropriées afin qu’ils/elles puissent remplir leurs obligations professionnelles. En outre, il est indispensable de consulter les enseignant(e)s lors de l’élaboration de toutes les politiques scolaires et éducatives, et de prendre en compte leurs avis. Ces facteurs contribuent à faire de l’enseignement un métier attrayant, qui incite les enseignant(e)s à poursuivre dans cette profession.

Le manque de soutien et d’assistance : Nombreux/euses sont les enseignant(e)s en début de carrière qui cherchent de l’aide au sein de leur environnement de travail immédiat, mais en vain. Si le manque de formation initiale préalable peut expliquer de tels besoins, l’enseignement est une profession qui s’apprend sur le terrain. Les enseignant(e)s en début de carrière ont parfois besoin de conseils et les autorités scolaires ne doivent pas blâmer ou ignorer de telles demandes.

Un certain déséquilibre entre vie professionnelle et vie privée : Les enseignant(e)s en début de carrière se sentent souvent dépassé(e)s par la réalité de la profession. L’enseignement est un métier difficile, qui le devient d’autant plus dès lors que les enseignant(e)s sont contraint(e)s d’assumer davantage de tâches administratives et de gestion au lieu de se concentrer sur la mission fondamentale de leur profession, à savoir enseigner. Les enseignant(e)s ramènent souvent du travail à la maison, ce qui empiète largement sur leur vie personnelle. Les autorités éducatives doivent faire en sorte de garantir à tou(te)s les enseignant(e)s un équilibre sain entre vie professionnelle et vie privée.

Le manque de formation appropriée en cours de service : La profession enseignante est en perpétuelle évolution. Du fait de l’utilisation accrue des nouvelles technologies de l’information et de la communication dans l’éducation, des nouvelles découvertes et des événements qui surviennent chaque jour, les enseignant(e)s doivent être encouragé(e)s à participer de manière proactive au développement de l’éducation. Ainsi, ils/elles doivent avoir la possibilité de participer à un large éventail de cours afin de mettre à jour leurs connaissances ou leurs compétences, de façon à pouvoir découvrir de nouveaux moyens d’améliorer le processus d’enseignement et d’apprentissage en classe.

Le stress lié au travail

Compte tenu des raisons exposées entre autres plus haut, les enseignant(e)s, et notamment les enseignant(e)s en début de carrière, sont souvent en proie à la frustration et au stress. Les pressions qu’ils/elles subissent pour atteindre des objectifs souvent restreints et difficilement mesurables, contribuent souvent – parmi d’autres facteurs – à la déprofessionnalisation. En d’autres termes, les enseignant(e)s, et notamment les plus expérimenté(e)s, quittent la profession. Le bureau européen de l’IE, le CSEE, a effectué un travail considérable pour lutter contre le stress lié au travail.

Comment et pourquoi les syndicats de l’éducation soutiennent-ils les enseignant(e)s en début de carrière ?

Dans chaque pays, en fonction de la façon dont les enseignant(e)s intègrent la profession, dont les écoles sont organisées ou, simplement, du secteur de l’enseignement dont s’occupent les syndicats d’enseignants, ces derniers organisent différemment la prise en charge des enseignant(e)s en début de carrière.

 

En règle générale, les syndicats regroupent les enseignant(e)s débutant(e)s en deux catégories : le personnel en formation préalable et le personnel en cours d’emploi. Le personnel en formation préalable

se compose de futur(e)s enseignant(e)s en formation ou d’enseignant(e)s stagiaires. Le personnel en cours d’emploi couvre à la fois les enseignant(e)s en première année de carrière et les enseignant(e)s âgé(e)s de moins de 35 ans.

Les syndicats d’enseignants peuvent apporter une aide de bien des façons aux enseignant(e)s en début de carrière. En voici quelques exemples :

  • Guide d’initiation

  • Périodiques (magazines et bulletins)

  • Activités sociales et formations

  • Réseautage en ligne (site Web, blog, page Facebook et autres réseaux sociaux)

  • Service d’assistance téléphonique

  • Programmes de tutorat

  • Aide à la recherche d’emploi

Les syndicats d’enseignants jouent un rôle majeur dans le relèvement du taux de rétention des enseignant(e)s en début de carrière, notamment en défendant la profession et la condition des enseignant(e)s. La force et l’avenir du syndicalisme enseignant requerra l’adhésion et la participation active de nouveaux membres. Pour ce faire, les enseignant(e)s en début de carrière doivent s’impliquer raisonnablement dans tous les processus décisionnels. Il convient en outre de former la génération de jeunes dirigeant(e)s syndicaux/ales.

Que fait l’Internationale de l’Éducation pour soutenir les enseignant(e)s en début de carrière ?

En tant que fédération syndicale internationale représentant tou(te)s les travailleurs/euses de l’éducation, l’Internationale de l’Education considère les enseignant(e)s en début de carrière comme un élément clé du travail qu’elle mène avec ses organisations membres.

 

En 2011, lors de son Congrès mondial au Cap, l’Internationale de l’Éducation a adopté une Résolution sur la syndicalisation des étudiant(e)s enseignant(e)s, des enseignant(e)s et des chercheurs/euses en début de carrière. Reconnaissant « le rôle décisif joué par les enseignant(e)s en début de carrière dans la détermination de l’avenir des enfants et des étudiant(e)s dans le domaine de l’éducation, dans le façonnement de l’avenir des syndicats d’enseignants et de l’ensemble de la profession », le document

« recommande que les organisations membres se donnent pour priorité de recruter des enseignant(e)s et des chercheurs/euses en début de carrière, d’identifier les problèmes qui les affectent, de répondre à leurs besoins, de leur faire prendre conscience de leurs droits et de leur proposer les formations qui leur permettront d’assumer des poste à responsabilité au sein des syndicats ».

En 2012, un exercice de cartographie a été réalisé dans le but de recueillir des informations sur la situation des enseignant(e)s et des chercheurs/euses en début de carrière dans tous les pays, ainsi que sur les politiques et stratégies syndicales visant à les organiser.

Dans le cadre de son travail de plaidoyer auprès d’autres organisations internationales, telles que l’OCDE et l’UNESCO, l’IE met en lumière les besoins des enseignant(e)s et des chercheurs/euses débutant(e)s et présente des exemples de pays où le faible taux de rétention dans la profession des enseignant(e)s en début de carrière correspond à des résultats PISA médiocres.

Politique

 

La politique de l’IE relative aux enseignant(e)s en début de carrière est définie par l’ensemble des résolutions adoptées par le Congrès mondial depuis 2007. Ces résolutions mettent en lumière le rôle capital que jouent les enseignant(e)s en début de carrière dans le développement et la progression d’une éducation publique de qualité, et mettent en évidence les différents moyens de maintenir la présence des enseignant(e)s débutant(e)s dans la profession. Concernant les enseignant(e)s en début de carrière, les Congrès mondiaux de l’IE ont adopté les résolutions suivantes : la « Résolution sur une éducation de qualité : présent et futur » (2007), la « Résolution sur la syndicalisation des étudiant(e)s enseignant(e)s, des enseignant(e)s et des chercheurs/euses en début de carrière » (2011) et la « Résolution sur les enseignant(e)s, chercheurs/euses et le personnel de soutien éducatif en début de carrière » (2015). Pour de plus amples informations sur ces résolutions, veuillez cliquer ici.

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