Objectifs de développement durable

Introduction 

 

L’IE et les organisations qui l'ont précédée soutiennent depuis longtemps la position de leadership de l’ONU et de ses agences dans l’instauration d'un consensus au regard du principe d’éducation de qualité universelle et gratuite. Le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, adopté par les Nations Unies en 1966, reconnaît, entre autres droits importants, le droit à l'éducation. 

 

Dans une volonté de traduire les principes en avancées concrètes, l'ONU a défini les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), une série d’objectifs interdépendants adoptés en 2000 promouvant le progrès social et le développement. Les OMD devaient être réalisés dans les 15 ans. L’IE s’est d’ailleurs largement impliquée dans ce processus. L’engagement envers « l’Education pour Tous » a constitué une avancée considérable pour l'éducation. 

 

Deux objectifs importants visaient notamment à ce que les gouvernements accomplissent des progrès et étendent les bénéfices liés à l’éducation. L’Objectif 2 visait à développer l’éducation primaire universelle pour 2015 au plus tard, et l’Objectif 3 visait à éradiquer les disparités entre les genres dans l’éducation primaire et secondaire pour 2005, et à tous les niveaux de l’éducation pour 2015. 

 

En 2015, à l’heure du bilan, aucun des objectifs n’a été réalisé, même si des progrès considérables ont été accomplis dans les deux domaines. Par ailleurs, il est apparu évident que si l’accès à l’éducation a été élargi, l’augmentation de la quantité n’est pas toujours allée de pair avec des améliorations de la qualité. 

 

L’IE a lancé la campagne Uni(e)s pour l'éducation afin de promouvoir une éducation de bonne qualité dotée de professionnel(le)s qualifié(e)s. Cette campagne a permis de définir des Objectifs de développement durable plus ambitieux, consistant à réaliser un grand nombre d’objectifs d’ici à 2030, dont l’Objectif 4 visant à « assurer l’accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie ». 

 

Politique 

 

Depuis sa création, l’IE a toujours eu comme priorité de garantir une éducation universelle, gratuite et publique. Si cette dernière est nécessaire à la réalisation du droit à l'éducation, elle est vitale au développement de la société et de la démocratie. L’éducation est également un catalyseur des autres droits et un vecteur de justice et d’égalité. 

 

En outre, l’IE a pris position sur une grande diversité de questions éducatives et sociales, notamment sur des politiques destinées à répondre aux besoins de développement de secteurs de l’éducation spécifiques. Les Objectifs de développement durable, tels qu'ils ont été adoptés par l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre 2015, s'alignent en grande partie sur nombre des priorités politiques de l’IE. L’Objectif 4 porte sur l’égalité, la qualité et la mission de l’éducation, ainsi que sur les questions liées au secteur de l'éducation. 

 

« Objectif 4 : Assurer une éducation inclusive, équitable et de qualité et promouvoir des possibilités d’apprentissage tout au long de la vie pour tous 

 

4.1 D’ici à 2030, faire en sorte que toutes les filles et tous les garçons suivent, sur un pied d’égalité, un cycle complet d’enseignement primaire et secondaire gratuit et de qualité les dotant d’acquis véritablement utiles 

 

4.2 D’ici à 2030, faire en sorte que toutes les filles et tous les garçons aient accès à des services de développement et de prise en charge de la petite enfance et à une éducation préscolaire de qualité qui les préparent à suivre un enseignement primaire 

 

4.3 D’ici à 2030, faire en sorte que toutes les femmes et tous les hommes aient accès dans des conditions d’égalité à un enseignement technique, professionnel ou tertiaire, y compris universitaire, de qualité et d’un coût abordable 

 

4.4 D’ici à 2030, augmenter nettement le nombre de jeunes et d’adultes disposant des compétences, notamment techniques et professionnelles, nécessaires à l’emploi, à l’obtention d’un travail décent et à l’entrepreneuriat 

 

4.5 D’ici à 2030, éliminer les inégalités entre les sexes dans le domaine de l’éducation et assurer l’égalité d’accès des personnes vulnérables, y compris les personnes handicapées, les autochtones et les enfants en situation vulnérable, à tous les niveaux d’enseignement et de formation professionnelle 

 

4.6 D’ici à 2030, faire en sorte que tous les jeunes et une proportion considérable d’adultes, hommes et femmes, sachent lire, écrire et compter 

 

4.7 D’ici à 2030, faire en sorte que tous les élèves acquièrent les connaissances et compétences nécessaires pour promouvoir le développement durable, notamment par l’éducation en faveur du développement et de modes de vie durables, des droits de l’homme, de l’égalité des sexes, de la promotion d’une culture de paix et de non-violence, de la citoyenneté mondiale et de l’appréciation de la diversité culturelle, et de la contribution de la culture au développement durable 

 

4.a Construire des établissements scolaires qui soient adaptés aux enfants, aux personnes handicapées et aux deux sexes ou adapter les établissements existants à cette fin et fournir à tous un cadre d’apprentissage sûr, non violent, inclusif et efficace 

 

4.b D’ici à 2020, augmenter nettement à l’échelle mondiale le nombre de bourses d’études offertes à des étudiants des pays en développement, en particulier des pays les moins avancés, des petits Etats insulaires en développement et des pays d’Afrique, pour leur permettre de suivre des études supérieures, y compris une formation professionnelle, des cursus informatiques, techniques et scientifiques et des études d’ingénieur, dans des pays développés et d’autres pays en développement 

 

4.c D’ici à 2030, accroître nettement le nombre d’enseignants qualifiés, notamment au moyen de la coopération internationale pour la formation d’enseignants dans les pays en développement, surtout dans les pays les moins avancés et les petits Etats insulaires en développement » 

 

Activités 

 

La campagne Uni(e)s pour l'éducation de l'IE a été la plus intense et la plus fructueuse de toute l’histoire de l’organisation. Par ailleurs, elle a constitué la mobilisation la plus importante et la plus efficace du groupement « Global Unions ». Elle repose sur les trois piliers suivants : un enseignement de qualité, des outils de qualité pour l'enseignement et l'apprentissage, et des environnements de qualité pour l'enseignement et l'apprentissage. 

 

Cette campagne visait notamment à constituer un soutien international, régional et national aux ambitions poursuivies par les Objectifs de développement durable de l’ONU, qui reflètent les priorités des travailleurs/euses de l'éducation et de leurs syndicats. Dans le cadre de la campagne Uni(e)s pour l'éducation, les délégations de l’IE ont rencontré le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon, ainsi que d’autres dirigeant(e)s mondiaux/ales. Les dirigeant(e)s de l’IE ont également travaillé en étroite collaboration avec l'Envoyé spécial des Nations Unies pour l’Education mondiale, Gordon Brown. 

 

Le chemin parcouru pour obtenir des Objectifs de développement durable relatifs à l’éducation qui soient acceptables fut long. La campagne a connu son premier grand succès avec l’intégration d’un objectif à part entière dédié à l’éducation, revêtant une importance particulière et attirant l’attention, tout en étant lié aux autres objectifs. Pour obtenir un contenu de qualité, le processus de mobilisation et de négociation fut également périlleux. 

 

Outre les activités de mobilisation, le Secrétariat a abattu un travail technique considérable, en développant notamment des indicateurs visant à approfondir, et non à déformer, la signification de ces objectifs. Si les termes utilisés sont excellents, le travail sur les ODD est loin d’être terminé et l’IE continue de se battre pour veiller à ce que le sens des objectifs soit respecté, et à ce que les gouvernements honorent sérieusement leurs engagements. 

 

Il existe une différence majeure entre le contexte qui prévalait en 2000, lorsque les OMD ont été adoptés, et celui qui prévalait en 2015, lorsque les ODD ont été approuvés. Les acteurs privés, non publics, de grande envergure, tels que des multinationales, sont bien plus présents et actifs au sein de l’éducation mondiale. Leur place de plus en plus prépondérante explique en partie le fait que les questions de qualité, notamment au regard du rôle et de la condition des professionnel(le)s de l’éducation, sont devenues si importantes dans le cadre de la réalisation des ODD. 

 

Si l’éducation consiste à défendre les intérêts des élèves et poursuit l’objectif de les préparer à la vie, et pas seulement au travail, elle doit être considérée comme un bien public. Elle doit développer l’enfant dans sa globalité, et promouvoir la tolérance, la compréhension, la démocratie et le respect des droits humains. Les entreprises mues par le profit, qui considèrent l’éducation comme un marché à exploiter plutôt que comme un moyen de transformer les vies et la société, favorisent grandement la quantité au détriment de la qualité. En outre, elles restreignent la mission de l’éducation. Par exemple, elles n’entendent jamais développer la pensée critique. Les entreprises d’éducation manifestent un intérêt de façade à l’égard des ODD, et sont davantage préoccupées par les dividendes des actionnaires que par le bien public. 

 

Dans son combat pour une éducation de qualité et pour la réalisation des ODD, l’IE doit défendre les normes relatives à la condition des enseignant(e)s qui sont établies depuis longtemps. Si l’éducation vise pleinement à promouvoir des opportunités pour tou(te)s, ainsi que des sociétés décentes et la démocratie, il est indispensable d’inverser la tendance qui consiste à réduire l’éducation à un processus de piètre qualité misant sur la quantité. 

 

A cette fin, le Congrès de l’IE de 2015 a décidé de soutenir le combat de la campagne Uni(e)s pour l'éducation qui vise à dénoncer et à combattre la privatisation et la commercialisation, et à promouvoir l’autonomie et le développement de la profession enseignante. En d’autres termes, les travailleurs/euses de l'éducation et leurs syndicats doivent être consultés dès qu’une politique d’éducation est élaborée et mise en œuvre.

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