Ei-iE

Malawi: un syndicat met en place des opérations d’aide post-catastrophe naturelle pour les enseignant·e·s grâce à la solidarité internationale

Publié 4 février 2020 Mis à jour 16 juillet 2024

Grâce à l’aide financière accordée par l’Internationale de l’Éducation et ses affiliés, le Teachers’ Union of Malawi a mené diverses opérations d’aide et de soutien aux enseignant·e·s touché·e·s par le cyclone dévastateur Idai, qui a frappé le pays en mars 2019.

Destruction

En mars 2019, le violent cyclone tropical Idai a provoqué de graves inondations à Madagascar, au Malawi, au Mozambique et au Zimbabwe, entraînant la mort de plus de 1.200 personnes. Idai est le deuxième cyclone tropical le plus meurtrier à avoir été enregistré dans l’hémisphère Sud, une région qui comprend les bassins d’Australie, du Pacifique Sud et de l’Atlantique Sud. Plus de trois millions de personnes ont été victimes des effets directs du cyclone; des dizaines de milliers d’entre elles ont eu besoin d’aide. Le coût total des dégâts causés par Idai au Mozambique, au Zimbabwe, à Madagascar et au Malawi a été estimé à au moins 2,2 milliards de dollars (1,98 milliard d’euros), dont 1 milliard de dollars (900 millions d’euros) en dégâts d’infrastructure, faisant ainsi d’Idai le cyclone tropical le plus coûteux dans le bassin de l’océan Indien du Sud-Ouest.

Solidarité mondiale

Le 25 mars 2019, après plusieurs contacts avec le Progressive Teachers’ Union of Zimbabwe, la Zimbabwe Teachers' Association et l’ Organizaçao Nacional dos Professores(Mozambique), l’Internationale de l’Éducation a appelé toutes ses organisations membres à contribuer au Fonds de solidarité concernant Idai afin d’aider les collègues, leurs familles, les étudiant·e·s et les communautés scolaires touchés par le cyclone au Mozambique, au Zimbabwe et au Malawi.

Financement

Les syndicats de l'éducation du monde entier ont répondu à l’appel et le Teachers’ Union of Malawi a dès lors utilisé une partie du Fonds de solidarité concernant Idai afin de mener des opérations d’aide post-cyclone pour soutenir ses membres.

Il a tout d’abord organisé des visites de solidarité aux enseignant·e·s et écoles gravement touchés dans quatre districts: Chikwawa, Nsanje, Rumphi et Mzimba. Il a apporté un soutien psychosocial et du réconfort à 302 enseignant·e·s gravement touché·e·s.

Des représentant·e·s du Teachers’ Union of Malawi ont par ailleurs fait pression sur les autorités et les entreprises pour obtenir davantage de soutien matériel pour les enseignant·e·s concerné·e·s.

« Il est indéniable que ces opérations ont permis d’augmenter le nombre de membres dans les districts visités et ont renforcé la visibilité du syndicat et la perception générale du public vis-à-vis du syndicat. Elles ont par ailleurs amélioré les relations de travail entre les dirigeants syndicaux du district et les autorités en charge de l’éducation dans ces districts », a souligné Pilirani Kamaliza, Coordinateur de programmes du Teachers’ Union of Malawi.

Le syndicat a également obtenu des conseils des districts qu’ils s’engagent à inclure les enseignant·e·s touché·e·s dans la distribution d’aide humanitaire.

Étude

En outre, le Teachers’ Union of Malawi a mené une étude intitulée « Flood preparedness factors influencing teachers' participation in teaching and learning in public primary schools in Malawi - The case of Chikwawa, Nsanje and Rumphi » (Facteurs de préparation aux inondations ayant des répercussions sur la participation des enseignant·e·s aux activités d’enseignement et d’apprentissage dans les écoles primaires publiques au Malawi - Le cas de Chikwawa, Nsanje et Rumphi).

Cette recherche visait à:

•Garantir que les enseignant·e·s sont formé·e·s pour agir lorsque des inondations touchent leurs activités d’enseignement et d’apprentissage.

•Comprendre la manière dont les dégâts qui ont touché les infrastructures scolaires et les environnements de travail néfastes qui en découlent affectent l’enseignement et l’apprentissage.

•Évaluer les mesures d’atténuation qui influencent les mécanismes d’adaptation des enseignant·e·s.

•Servir de base à la réalisation d’un documentaire « L'impact du cyclone Idai sur la qualité de l’enseignement et de l’apprentissage » dans les écoles publiques, qui pourra être utilisé dans le cadre d’activités de plaidoyer futures.

Les résultats ont révélé que, compte tenu de l’histoire des inondations au Malawi, le pays doit s’assurer que les enseignant·e·s sont prêt·e·s à répondre efficacement aux impacts néfastes des inondations sur les processus d’enseignement et d’apprentissage. Par ailleurs, les autorités publiques et les communautés doivent mettre en place des mesures d’atténuation visant à contrer les autres effets des cyclones ou des inondations sur les infrastructures et l’environnement scolaire.

L’étude a en outre formulé des recommandations destinées au ministère de l’Éducation soulignant comment la préparation des enseignant·e·s aux catastrophes dans les écoles primaires publiques peut améliorer l’enseignement et l’apprentissage dans les régions du Malawi sujettes aux inondations. Une des recommandations préconise au ministère de l’Éducation d’inclure la préparation aux catastrophes naturelles dans les programmes scolaires.

Grâce à cette recherche, les étudiant·e·s pourront également bénéficier d’une meilleure compréhension et prise de conscience concernant les risques liés aux inondations, permettant ainsi aux enseignant·e·s de travailler plus efficacement.

Le rapport recommandait par ailleurs que:

•Les écoles situées dans des régions sujettes à catastrophes naturelles développent et mettent en œuvre des plans de gestion des catastrophes naturelles, tels que des manuels sur la sécurité à l'école, etc.

•Les comités de gestion scolaire engagent des professionnel·le·s qualifié·e·s afin d’évaluer la sécurité structurelle des bâtiments scolaires endommagés et de concevoir, construire et entretenir des établissements scolaires qui soient résistants face aux catastrophes naturelles, telles que les inondations.

•Les syndicats d’enseignants plaident en faveur de la mise en place d’indemnités et d’assurances adéquates contre les risques pour les enseignant·e·s travaillant dans des régions sujettes aux inondations et de l’inclusion de la préparation aux catastrophes naturelles dans les programmes de l’école primaire.

•Les enseignant·e·s travaillant dans des régions sujettes aux catastrophes naturelles suivent des formations sur la préparation aux inondations et disposent de systèmes d’alerte rapide.

•Les enseignant·e·s touché·e·s reçoivent des indemnités.

Autres activités de prévention

Le Teachers’ Union of Malawi a par ailleurs organisé une formation de deux jours destinée aux enseignant·e·s sur les mécanismes de préparation aux inondations et les systèmes d’alerte rapide afin de:

•Favoriser la prise de conscience des enseignant·e·s quant aux signes d’alerte précoce en cas d’inondation et aux mécanismes d’adaptation aux catastrophes naturelles, dans le but de leur permettre d’exécuter leurs tâches de manière efficace en cas de catastrophes naturelles.

•Développer des initiatives visant à réduire le risque de dégâts aux infrastructures scolaires.

•Renforcer la capacité des enseignant·e·s et directeur·rice·s d’école à mettre en place des activités de réduction des risques liés aux catastrophes naturelles.

Le syndicat a en outre développé un plan stratégique et de réponse aux catastrophes naturelles – ciblé sur le changement climatique – pour ses membres.

Une présentation des activités du syndicat du Malawi, élaborée grâce à l’aide financière de l’Internationale de l’Éducation et de ses affiliés, est disponible ici(en anglais).